Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne représente l’une des composantes d’un cadre complexe de politiques et de mesures visant à atteindre l’objectif européen de neutralité carbone d’ici 2050. Cependant, ce mécanisme suscite des interrogations quant à son impact sur les économies des pays tiers, y compris le Maroc.

Dans cet article, nous analyserons en profondeur l’impact potentiel du CBAM sur l’économie marocaine et proposerons des réponses et recommandations concrètes pour une transition vers une économie à faible émission de carbone.

Analyse de l’impact du CBAM sur l’économie marocaine :

Le CBAM de l’UE vise à réduire les fuites de carbone en imposant une tarification du carbone sur les importations de certains produits énergétiques intensifs en carbone. Pour le Maroc, qui a une économie en développement et une dépendance économique vis-à-vis de l’UE, le CBAM pourrait avoir des conséquences significatives.

L’une des préoccupations majeures est que le CBAM pourrait entraîner une augmentation des coûts pour les exportateurs marocains, les rendant moins compétitifs sur le marché européen. Cela pourrait affecter des secteurs clés tels que la production de ciment, d’acier et d’engrais, qui sont des secteurs énergétiquement intensifs et génèrent des émissions de carbone élevées.

Options de réponse pour le Maroc :

À la lumière des impacts potentiels du CBAM sur l’économie marocaine, plusieurs options pour répondre au nouveau mécanisme ont été suggérées par les experts et les intervenants.

Une réponse possible est d’adopter des politiques climatiques plus strictes pour minimiser les effets du CBAM sur les exportateurs marocains. L’idée consiste à augmenter les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies à haut rendement énergétique afin de réduire les émissions de carbone intégrées dans les produits d’exportation. Cela permettrait au Maroc de renforcer sa compétitivité en proposant des produits à faible empreinte carbone.

En outre, il convient d’étudier la possibilité de mettre en œuvre ses propres mécanismes de tarification du carbone, en utilisant un contrôle rigoureux et un suivi objectif, facilement reconnus par les partenaires de l’UE comme équivalents, ce qui pourrait aider à prévenir des taxes supplémentaires par le biais du CBAM. Cela nécessiterait une coordination étroite avec l’UE pour s’assurer de la reconnaissance mutuelle des systèmes de tarification du carbone.

Le Maroc pourrait également faire part à l’UE de ses préoccupations concernant des aspects spécifiques du CBAM et suggérer des adaptations qui tiennent compte des défis auxquels sont confrontés les pays du Sud.